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Délibérations de la municipalité (D'après les archives de Verdun-sur-Garonne)
Délibération du 2 juin 1792
Des membres ont observé que la rareté du numéraire de toute valeur ayant forcé les citoyens de cette commune et notament les propriétaires
à payer les ouvriers et journaliers avec des assignats de cinq livres, la perte excessive éprouvée par ces derniers sur le papier monoye
avait prodiut de leur part de réclamations réitérées que le peuple désirait et sollicitait vivement une émission de billets de ville pour
remédier à tous les inconvénients dont ils sont la victime, que cette opération avait eu le plus grand succès dans les communes voisines
et qu'il était instant de prendre des mesures qui puissent procurer à la présente ville le même avantage; sur quoi les membres opinant
a proposé délibération.
Ouy la proposition ci dessus et les conclusions de M. Brunet, off. municipal faisant les fonctions de procureur de la commune en l'absence
de M. Cérant Double.
Le conseil général de la commune de Verdun considérant que les ouvriers et journaliers de cette commune ne sont plus payés depuis longtemps
qu'avec des assignats de cinq livres pour l'échange desquels ils sont obligés d'éprouver une perte excessive par un escompte qui réduit leur
salaire à un si bas prix qu'il ne leur est plus possible de se procurer le plus absolu nécessaire, que cet inconvénient s'accroit tous les
jours par la rareté du numéraire qui après que régulièrement disparu de la circulation dans la présente ville, qu'il pourrait cependant y
être obvié par une prompte et suffisante émission de billets de ville, que la grande population de cette commune exige que l'émission sus dite
soit d'une forme assez considérable pour ne pas faire craindre de manquer à la fois et de numéraire et du papier qui le représentent, qu'il est
instant de procurer aux citoyens de cette commune les avantages que ne peut manquer de produire un établissement qui a eu les plus grands succès
dans la presque totalité des villes du royaume et notament dans celle de Toulouse où il a été authorisé par arreté pris le mois d'août dernier
par le directoire du département et les autres corps constitués de la ville.
Considérant enfin que l'émission susdite devient tous les jours plus nécessaire et plus urgente a unanimement délibéré
1° il sera fait une émission de billets de ville pour une somme de douze mille livres (12 000), savoir:
.... quatre mille livres (4 000) en billets de dix sols
.... quatre mille livres (4 000) en billets de cinq sols et
.... quatre mille livres (4 000) en billets de deux sols chacun.
Ces billets porteront le titre de billets de la commune de Verdun, seront de grandeurs inégales et signés savoir ceux de dix sols par Brunet
, officier municipal et Molleau, prêtre, ceux de cinq sols par M M Gouzé, officier municipal et Defitte, colonel de la légion de Verdun,
ceux de deux sols M M Lambert, curé et Barbot Séguier, notable que le conseil général a nommés commissaires à cet effet.
2° Les susdits billets de ville ne pourront être échangés qu'avec des assignats de cinq livres, Ils auront un cours forcé sur tout le territoire
de la présente commune, et nul ne pourra les refuser sous peine d'une amende triple de la valeur des billets refusés.
3° Le conseil général a nommé M M Lambert, curé, et Defitte colonel de la légion commissaires et trésoriers pour tout ce qui est relatif à l'échange
et distribution des susdits billets ainsi que la comptabilité de la mission susdite sous la surveillance de la municipalité.
4° Il sera libre à tout citoyen d'échanger au lieu et à l'heure qui seront déterminés par la municipalité, des assignats de cinq livres et réciproquement.
5° Les frais d'impression et de fabrication des susdits billets, ceux de bureau et la perte en cas de falcification seront supportés par la commune.
6° La municipalité est déléguée pour la surveillance et l'exécution de toutes ces opérations cydessus, et notament le procureur de la commune pour
la poursuite des délits de falcification des susdits billets le cas échéant.
Le sieur Ourliac, trézorier de la commune ayant présenté le compte tant en recette qu'en dépense de la gestion, et la qualité fut dite faible par luy
depuis le 31 mars 1791 jour de la cloture de son précédent compte jusqu'au 2 Xbre dernier.
Ouy M. Brunet, off. municipal pour le procureur de la commune absent,
Le conseil général a nommé M. M. Barbot et Majorel notables commissaires auditeurs pour la vérification du susdit compte qui sera arretté
et clos sur le rapport des dits commissaires s'il y a lieu.
Délibération du 1er octobre 1792
.... en exécution de la loi du premier avril dernier relative à la vérification des caisses patriotiques et de secours, nous avons vérifié
l'état de la caisse des billets de ville établie par délibération du conseil général de la présente commune en date du 2 juin dernier et
autorisée par arrêté du parlement de Haute-Garonne, sur l'avis du district de Grenade le 4 juin susdit, il a résulté de la vérification
que la commune de Verdun qui avait été autorisée à émettre pour douze mille francs des sus billets de ville, à savoir
.... quatre mille livres (4 000) en billets de dix sous chacune
.... quatre mille livres (4 000) en billets de cinq sous chacune et enfin
.... quatre mille livres (4 000) en billets de deux sous aussy chacune, n'en a émis cependant que pour six mille (6 000) livres
en totalité savoir
.... deux mille livres (2 000) en billets de dix sous chacune
.... deux mille livres (2 000) en billets de cinq sous chacune et les deux dernières
.... deux mille livres (2 000) en billets de deux sous aussy chacune.
Et après avoir compté les assignats nationaux et les billets de ville contenus dans la susdite caisse qui nous a été présentée par le citoyen
Lambert, curé de Verdun, caissier trésorier nommé par la délibération susdite avec le citoyen Defitte, autre caissier trésorier, nous avons
trouvé cinq mille six cents (5 600) livres en assignats nationaux et quatre cents livres en billets de ville de Verdun et coupures de deux
sous chacune, le tout formant une somme totale de six mille livres (6 000) faisant pareille somme de six mille livres mise en émission par
la commune ainsy qu'il est dit ci-dessus, il résulte que la caisse est en règle, la somme trouvée en caisse étant égale à celle émise par
la commune, nous avons dressé le présent procès-verbal et nous l'avons cloturé après l'avoir signé.
Délibération du 7 novembre 1792
Le conseil général de la commune de Verdun réuni en exécution des dispositions de la loy du premier avril dernier relative à la vérification
des caisses patriotiques et de secours, nous avons vérifié de nouveau l'état de la caisse des billets de ville établie par délibération conseil
général de la présente commune en date du 2 juin dernier autorisée par arrêté du parlement de Haute-Garonne, sur l'avis du district de Grenade
le 4 juin susdit, il résulte de la vérification que l'émission totale de six mille (6 000) livres de deux mille livres (2 000) en coupures
de dix sous chacune, autres deux mille livres (2 000) en coupures de cinq sous chacune et les deux mille livres (2 000) restantes en coupures
de deux sous chacune, et après avoir compté les assignats nationaux et les billets de ville contenus dans la caisse qui nous a été représentée
par le citoyen Lambert caissier-trésorier, et après vérification, nous avons compté cinq mille huit cents quinze (5 815) livres en assignats
nationaux de cinq livres chacun et qutre cents livres en billets de ville de Verdun en coupures de deux sous chacune, et cent quatre-vingt livres
en espèces de deux sous aussy chacune, le tout formant une somme totale de six mille livres (6 000) mise en circulation par la commune
et vu qu'il résulte de la vérification qui vient d'être faite en présence des citoyens Lambert et Lamagdelaine ancien maire, que la caisse est
en règle, nous maire et officiers municipaux avons déchargé le citoyen Lamagdelaine et son collègue dans la municipalité de toute surveillance
et responsabilité à l'égard de la mission susdite et des faits exposés dont la gestion a été prise par nous sous notre surveillance et responsabilité.
Délibération du 23 décembre 1792
Le citoyen maire a dit que la municipalité avait reçu un arrêté du département du 4 Xbre dernier concernant les billets de confiance émis par
les communes qui d'après les arrêtés du 8 7bre dernier ne devraient avoir cours que jusques au premier janvier prochain, lequel arrêté ordonne
toutes les municipalités du département à retirer les billest de confiance des unes et des autres qui leur seront présentés jusques
au 1er janvier prochain à la charge de reprendre réciproquement dans leurs caisses la valeur des billets en assignats nationaux et que
les billets de confiance de cinq sous et au-dessus continueront d'avoir cours dans l'étendue du département jusques à nouvel ordre sous
le bon plaisir de la Convention et du pouvoir exécutif.
Conformément au dit arrêté, le citoyen maire a proposé à l'assemblée de prier les citoyens Defitte et Lambert curé, trésoriers de la caisse
patriotique qui représente en billets de cinq livres la somme de six mille (6 000) livres émise par la commune en billets de confiance de
dix sous, cinq sous et deux sous de vouloir bien se charger de faire le recouvrement des billets de confiance qui leur seront représentés
de toutes les municipalités du département au-dessus de cinq sous jusques à concurrence de la somme de deux mille (2 000) livres attendu
que la commune n'a émis de billets de confiance de dix sous que pour pareille somme de deux mille livres, la somme de quatre mille (4 000)
livres restante devant rester en dépôt en représentation de pareille somme de billets de confiance de cinq sous et deux sous qui doivent rester
encore dans la circulation d'après le dit arrêté du département.
Le procureur de la commune entendu, le conseil général adoptant dans son entier la proposition du citoyen maire a unanimement arrêté que les
citoyens Defitte et Lambert curé, icy présents, étant priés de faire le recouvrement des billets de confiance au-dessus de cinq sous
de toutes les municipalités du département conformément à la proposition du citoyen maire, ce que les citoyens Defitte et Lambert
ont accepté et promis de remplir avec leur zèle accoutumé les vœux de la commune avec cette réservation qu'ils ne pourront répondre de la fausseté
des assignats qui leur seront présentés attendu qu'il leur était impossible de reconnaître les signatures des billets de toutes les municipalités
du département.
Sur quoy le conseil général après avoir entendu le procureur de la commune a arrêté que la perte qui pourrait se trouver par la fausseté des billets
qui seront recouvrés se voit supporté par qui de droit conformément au décrêt du 8 7bre dernier.
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